Les maladies des gazons :
Quelle évolution ?
1 – MALADIES
La Direction Régionale de l’Agriculture et de la Forêt Midi-Pyrénées a lancé, en 2002, une enquête « bilan phytosanitaire des golfs français », afin d’appréhender l’importance et la répartition des maladies rencontrées sur les golfs. Cette enquête a été menée dans le cadre de la refonte du catalogue des usages « Zones non agricoles – Espaces Verts ».
Les responsables de l’entretien des terrains de sports collectifs sont confrontés à des maladies comme la Rouille et le Fil Rouge.
Il a été mis en évidence que les greenkeepers sont largement confrontés aux fusarioses hivernales, au dollar spot, aux fusarioses estivales … puis dans une moindre mesure aux pythiums, ronds de sorcières, fil rouge et anthracnoses. Les maladies les plus fréquentes sont aussi les plus traitées.
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MALADIE |
GRAVITE et REPARTITION GEOGRAPHIQUE |
TRAITEMENT |
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Dollar spot |
Maladie grave (sévit surtout en Août-Septembre) Répartition nationale |
Maladie des plus traitées. |
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Fusarioses hivernales |
Répartition nationale (de fin automne à début printemps) avec une gravité particulière pour l’ouest et le sud-ouest. |
Maladie des plus traitées. |
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Fusarioses estivales |
Répartition nationale (période estivale chaude et sèche) Gravité moindre dans le Nord – est. |
Maladie des plus traitées. |
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Pythiums |
Nombreuses espèces, Répartition nationale, surtout printemps et été |
Maladie des plus traitées. |
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Fil rouge |
Maladie d’importance secondaire. Grave surtout sur Fairways. Partie Nord de la France |
Peu traités |
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Ronds de sorcières |
Maladie reconnue nuisible |
Sans solution : Aucune spécialité commerciale fongicide n’est efficace ni homologuée. |
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Anthracnose |
Grave localement (sites compactés, peu fertilisés) Période estivale Moins fréquente |
Assez souvent traitées. |
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Complexe helmintho. et curvularioses |
Grave localement Moins fréquent Printemps secs et période estivale |
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Rhizoctonioses |
Peu fréquent, période estivale Présent sur tout le territoire. |
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Piétins à gaeumanomyces Oïdiums Rouilles |
Ne font jamais (oïdium) ou très rarement (piétins, rouilles) l’objet de traitements fongicides. |
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Sclerotium rolfsii |
Sud –Ouest (Aquitaine, Midi – Pyrénées). Rencontré dans diverses autres régions (Basse Normandie, Ile de France, Pays de Loire, Rhône Alpes et Languedoc-Roussillon). Degré de gravité important sur certains golfs. |
La gravité et l’extension de la maladie justifient que des solutions de traitements chimiques soient rapidement trouvées. Plusieurs demandes de dérogation pour l’utilisation de spécialités fongicides non homologuées ont été accordées au cours des deux dernières années, pour des situations géographiques localisées et des périodes limitées. |
Les nouvelles maladies et les adventices rencontrées proviennent de plus en plus de régions méditerranéennes et tropicales, en raison des changements climatiques. En effet, les greenkeepers doivent faire face à l’importante évolution dans l’extension géographique de Sclerotium rolfsii qui envahit le Sud Ouest de la France avec une gravité inégalée. D’après M. Gilbert CHAUVEL, expert national cultures ornementales, cette maladie devrait se développer et se propager à terme.
1 – REGLEMENTATION
Usages mineurs
Le principe des usages mineurs est de permettre aux utilisateurs ayant des productions marginales ou un problème phytosanitaire mineure (même sur des cultures majeurs), de pouvoir utiliser des produits en toute légalité. L’idée est de rattacher certains usages et de comparer le risque pour l’utilisateur et le consommateur afin d’étendre, si les risques sont comparables, ce qui est acquis sur une culture majeure à une culture mineure.
Les dossiers d’homologation sont ainsi allégés avec quelques essais de sélectivité mais pas de dossier d’efficacité ni de dossier résidus (sauf cas particulier).Le Comité d’homologation peut demander des études complémentaires particulières s’il le juge nécessaire.Pour les gazons, il s’agit d’une culture particulière pour laquelle il n’est pas envisageable d’homologuer par la voie des usages mineurs.
Nouvelle réglementation sur les mélanges (objectifs, date d’application, conséquences pour les utilisateurs)
Actuellement, plusieurs milliers de mélanges sont inscrits sur la liste positive mais aucun en Zones Non Agricole et Espaces Verts.
Pour déposer un dossier d’homologation, il est demandé aux firmes de justifier leurs mélanges en terme de composition et d’impacts environnementaux. De plus, les mélanges ne doivent pas être un simple mixte de plusieurs substances actives mais ils doivent être extemporanés c'est-à-dire composés de 2 ou 3 produits formulés mélangés en cuve juste avant l’application simultanée, produits dont les fonctions sont identiques ou différentes.
Le Comité d’homologation a fixé, par avance, la non recevabilité de certains mélanges. Voici quelques exemples de critères pouvant entrer en compte :
Mélanges ayant un composant T+
Mélanges ayant des substances actives, un mode d’action ou un organe cible de toxicité similaire aux mammifères.
Mélanges contenant des produits cancérigènes, mutagènes ou ayant une action sur la reproduction.
Mélanges cumulant soit des produits toxiques (T) soit des phrases à risque comme R40, R43, R61, R62, R63. Les mélanges constitués d’un de ces produits peuvent être acceptés, inscrit sur la liste positive, puis analysés par la Commission des Toxiques.
Ces critères ont pour objectifs de sécuriser l’emploi des produits phytosanitaires en mélange, afin de préserver l’applicateur et l’environnement.
Dans un second temps, la justification agronomique des mélanges est analysée. En plus d’arguments économiques comme la diminution du nombre de passages, des arguments démontrant l’intérêt agronomique des mélanges doivent être étayés. Quelques exemples de justification agronomique : faciliter le mode de conduite de la culture, mieux gérer les résistances, réduire les doses d’intrants, effets synergiques ou complémentaires du mélange en terme d’efficacité. Ces éléments pourraient être présentés sous la forme d’un calendrier avec, pour une culture donnée, l’ensemble des problèmes phytosanitaires rencontrés, et le moment où les mélanges sont appliqués en fonction du stade sensible de la plante et des cycles des ravageurs nuisibles et/ou des maladies. Par exemple, il n’est pas intéressant de mélanger un fongicide contre l’Anthracnose du platane avec un insecticide contre le Tigre sachant que le mélange risque d’être appliqué à une période non optimale pour les deux organismes nuisibles .De même, la sécurisation du mélange en terme de compatibilité chimique ou physique dans la cuve de préparation et sur les plantes sera prise en compte dans l’évaluation des dossiers. Les firmes doivent aussi développer les mesures de protection spécifiques aux mélanges pour leur application, les conseils de bonnes pratiques avec des seuils d’intervention à partir desquels il est nécessaire d’appliquer le mélange.
Concernant les différences de Zones Non Traitées et de délai d’utilisation avant récolte, le respect de la ZNT ou du délai avant récolte du mélange sera lié à la zone ou au délai le plus long affecté au composé le plus toxique.
L’objectif du Comité d’homologation est d’homologuer un minimum de mélanges donc uniquement ceux qui sont nécessaire d’un point de vu agronomique, et justifiés par rapport à la composition et à leur impact environnemental.
Nouvelle réglementation ZNT
Le Comité de Liaison Interministériel (Ministères de l’Agriculture, de l’Environnement et de la Santé) Eau – Produits – Antiparasitaires (CLEPA) a mis en place un groupe de travail « Gestion des risques – Zones Non Traitées (ZNT) » afin de faire des propositions en matière de gestion du risque. Des modèles allemands ont permis d’appréhender le pourcentage de dérives en fonction des cultures, ces études ont abouti à la définition de 21 largeurs différentes de ZNT (de 1 à 100 mètres) en fonction :
De la dangerosité de chaque produit phytosanitaire par rapport aux organismes aquatiques (algue, crustacé ou poisson). Actuellement, 400 produits ont donnés lieu à des ZNT.
La méthode d’application et les dérives.
Pour plus de lisibilité, la Commission d’Etude de la Toxicité propose de réduire le nombre de ZNT à quatre :
Classe 1 < 6 mètres,
18 ou 20 mètres pour la classe 2,
48, 50 ou 60 mètres pour la classe 3,
A déterminer au cas par cas pour la classe 4 (plus de 100 mètres).
Cette nouvelle classification permettra aux applicateurs d’utiliser des mesures pour passer d’une classe à l’autre. Par exemple, l’utilisation d’adjuvants pour alourdir le produit phytosanitaire ou, peut – être aussi, d’écrans pour limiter la dérive, permettra, à un produit donné, de passer d’une classe à une classe inférieure à condition que ces mesures conservatoires limitent la dérive de pulvérisation, par rapport à un plan d’eau, en la divisant par trois (ou en la diminuant de plus de 66%). Par conséquent, plusieurs adjuvants se sont vus attribuer la mention « limitation de la dérive ». Les buses à limitation de la dérive ne sont pas encore officialisées en tant que mesure conservatoire. Réduire au plus au tiers une dose de produit peur permettre le passage à une classe inférieure.
La dérive de pulvérisation est implicitement prévue dans tous les cas :
1 mètre pour les herbicides, insecticides et fongicides en grandes cultures,
3 mètres pour les insecticides et fongicides en vignes, cultures ornementales et arboriculture.
La mise en place de dispositifs tampons est vivement encouragée. Ces dispositifs sont constitués de bandes enherbées, de talus, de haies, de bordures végétales permanentes, naturelles ou implantées, non traitées le long des points d’eau.
Lors de la constitution de dossiers de demande d’autorisation de mise sur le marché et de leur examen, les mesures de gestion de risque pourraient être prises en compte :
Détermination des concentrations prévisibles dans l’eau selon les scénarios actuels afin de définir la classe de risque du produit
Si le risque s’avère important ou inacceptable, la prise en compte d’une ou plusieurs mesures de gestion du risque complémentaire permettre de reclasser le produit.
Les critères influençant la dérive de pulvérisation sont environnementaux, structurels, liés à la technique d’application et liés au produit.
Pour conclure sur les ZNT, la réforme de ces systèmes veut plus de lisibilité pour les applicateurs et souhaite prendre en compte les mesures conservatoires de limitation des dérives de pulvérisation.
Nouveaux classements tox. (Propositions, N)
Les distributeurs de produits jardin classés N devront être agréés pour cinq ans ou avoir au moins un membre de son personnel sur dix qui soit certifié (titulaire d’une formation initiale, ayant une expérience professionnelle supérieure ou égale à 5 ans, ou ayant reçu une formation lui permettant de capitaliser trois unités de comptes enseignées sur une durée d’une semaine pour chacune).
Concernant les textes, le texte pesticides (années 70) et le texte sur la préparation des produits dangereux ont été regroupés en une seule directive : 9945 du 30 novembre 2002 (parution au Journal Officiel page 19761). Cette directive vise deux types de classifications : la classification des préparations vis-à-vis des risques pour l’environnement et la classification concernant la toxicologie vis-à-vis de la santé humaine. De plus, la Directive 2003-82 CE du 11 septembre 2003 (annexes IV et V) présente la révision de l’ensemble des classifications des produits de protection des plantes en vu de l’harmonisation des conseils de prudence sur l’étiquette des produits phytosanitaires, avec consultation probable de l’industrie. Ces directives sont en cours de transposition en droit français.
Article écrit par Mme HADDAD (ITG), par entretien avec M. Gilbert CHAUVEL (DRAF Toulouse). Article paru dans "liaison Golfs" au printemps 2004.
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Révision : 30 mars 2008.